Le conte chaud et doux des chaudoudoux (2/2)

Comme promis, je viens vous raconter la suite et fin du célèbre conte de Claude Steiner utilisé pour comprendre, gérer, changer et améliorer les relations entre des individus, des organisations.

Si vous avez manqué l’épisode un, commencez par l’article 1/2.

«Belzépha distribua à chacun un sac qui ressemblait beaucoup à un sac de chaudoudoux, sauf qu’il était froid, alors que celui qui contenait les chaudoudoux était chaud.

Dans ces sacs, Belzépha avait mis des froids-piquants. Ces froids-piquants ne rendaient pas ceux qui les recevaient chauds et doux, mais plutôt froids et hargneux. Cependant, c’était mieux que rien. Ils empêchaient les gens de se ratatiner. A partit de ce moment-là, lorsque quelqu’un disait : « Je voudrais un chaudoudoux », ceux qui craignaient d’épuiser leur réserve de chaudoudoux répondaient : « Je ne peux pas vous donner un chaudoudoux, mais voulez-vous un froid-piquant ? »

Parfois, deux personnes se rencontraient en pensant qu’elles allaient s’offrir des chaudoudoux, mais l’une d’elles changeait soudain d’avis, et finalement elles se donnaient des froids-piquants. Dorénavant, les gens ne mourraient presque plus, mais la plupart étaient malheureux, avaient froids et étaient hargneux. La vie devenait encore plus difficile !

Les chaudoudoux, qui au début étaient disponibles comme l’air que l’on respire, devinrent de plus en plus rares. Les gens auraient fait n’importe quoi pour en obtenir.

Avant l’arrivée de la sorcière, ils se réunissaient souvent par petits groupes pour échanger des chaudoudoux, se faire plaisir sans compter, sans se soucier de qui offrait ou recevait le plus de chaudoudoux. Depuis le plan de Belzépha, ils restaient par deux et gardaient les chaudoudoux l’un pour l’autre. Quand ils se trompaient en offrant un chaudoudoux à une autre personne, ils se sentaient coupables, que leur partenaire souffrirait du manque.

Ceux qui ne trouvaient personne pour leur faire don de chaudoudoux étaient obligés de les acheter et devaient travailler de longues heures pour les gagner.

Les chaudoudoux étaient devenus si rares que certains prenaient des froids-piquants qui, eux, étaient innombrables et gratuits. Ils les recouvraient de plumes un peu douces pour cacher les piquants et les faisaient passer pour des chaudoudoux. Mais ces faux chaudoudoux compliquaient la situation. Par exemple, quand deux personnes se rencontraient et échangeaient des faux chaudoudoux, elles s’attendaient à ressentir uns douce chaleur et s’en réjouissaient à l’avance et, au lieu de cela, elles se sentaient très mal. Comme elles croyaient s’être donné de vrais chaudoudoux, plus personne n’y comprenait rien !

Evidemment, comment comprendre que ces questions désagréables étaient provoquées par les froids-piquants déguisés en faux chaudoudoux ? La vie était bien triste !…Timothée se souvenait que tout avait commencé quand Belzépha leur avait fait croire qu’un jour où ils na s’y attendraient pas, ils trouveraient leurs sacs de chaudoudoux désespérément vides.

Mais écoutez ce qui se passa. Une jeune femme gaie et épanouie, aux formes généreuses, arriva alors dans ce triste pays. Elle semblait ne jamais avoir entendu parler de la méchante sorcière et distribuait des chaudoudoux en abondance sans crainte d’en manquer. Elle en offrait gratuitement, même sans qu’on lui en demande. Les gens l’appelèrent Julie Doudoux, mais certains la désapprouvèrent parce qu’elle apprenait aux enfants à donner des chaudoudoux sans avoir peur d’en manquer. Les enfants l’aimaient beaucoup parce qu’ils se sentaient bien avec elle. Eux aussi se mirent à distribuer de nouveau des chaudoudoux comme ils en avaient envie.

Les grandes personnes étaient très inquiètes et décidèrent de passer une loi pour protéger les enfants et les empêcher de gaspiller leurs chaudoudoux. Cette loi disait qu’il était défendu de distribuer des chaudoudoux à tors et à travers.  Désormais il faudrait un permis pour donner des chaudoudoux. Malgré cette loi, beaucoup d’enfants continuèrent à échanger des chaudoudoux chaque fois qu’ils en avaient envie et qu’on leur en demandait. Et comme il y avait beaucoup, beaucoup d’enfants, presqu’autant que de grandes personnes, il semblait que les enfants allaient gagner. A présent, on ne sait pas encore comment ça va finir…

Est-ce que les grandes personnes, avec leur loi, vont arrêter l’insouciance des enfants? Vont-elles se décider à suivre l’exemple de la jeune femme et des enfants et prendre le risque en supposant qu’il y aura toujours autant de chaudoudoux que l’on voudra? Se souviendront-elles des jours heureux que leurs enfants veulent retrouver, du temps où les chaudoudoux existaient en abondance parce qu’on les donnait sans compter? »

Eric Berne, sur la base des conclusions de René Spitz, pédiatre anglais, a émis l’hypothèse d’une chaine biologique menant de la privation de stimulation humaine à la mort biologique. Il disait de manière imagée qu’une personne qui n’était jamais touchée avait la moelle épinière qui se flétrissait.

Le besoin de reconnaissance par les autres est donc un besoin vital. C’est en fonction des images que leur renvoient les personnes qui les entourent que les enfants vont structurer leur identité et établir avec les autres des relations constructives ou non.

En Analyse Transactionnelle, on entend par signes de reconnaissance: les caresses, les coups, les contacts. Les signes de reconnaissances peuvent être: verbaux ou non-verbaux, positifs ou négatifs, inconditionnels ou conditionnels.

Il y a 5 manières de les gérer, c’est savoir de manière adéquate les: donner, recevoir, demander, refuser, s’en donner à soi-même.

Dans ce conte, Claude Steiner parle d’économie de caresses pour décrire la manière dont une personne sait ou non satisfaire son besoin de stimulation, et répondre aux demandes des autres. Le style d’économie de chacun dépend de la quantité et de la qualité des signes de reconnaissance disponibles dans sa famille d’origine.

Le contrôle des caresses transforme l’abondance en pénurie. Les parents font monter le prix des caresses. Pour recouvrer l’autonomie, il faut rejeter les enseignements de base inculqués par les parents à propos de l’économie des caresses.

La soumission à ces apprentissages engendre une humanité assoiffée de signes de reconnaissance. Les gens consacrent le plus clair de leur temps à leur recherche.

Les signes de reconnaissance sont aussi indispensables à la vie que la nourriture!

Et si nous prenions le temps de réfléchir avec nos cœurs aux choses essentielles de la vie?

Conte: adaptation française de A Warm Fuzzy Tale du conte de Claude Steiner. Cette adaptation a été réalisée par François Paul-Cavallier, illustrée par Pef et éditée par InterEditions.

A propos Florence Suberville

Accompagnatrice en projet de carrière
Cet article, publié dans Développement personnel, Relations humaines, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Le conte chaud et doux des chaudoudoux (2/2)

  1. THIAM dit :

    Very inspiring!

  2. Annick dit :

    Merci pour ce beau conte…Je comprends maintenant les chauds doudous et froids piquants dont me parle Nathan…ils s’en donnent en fin de semaine à l’école…!
    Annick

  3. drop dit :

    merci de m’avoir permis de relire ce conte. J’ai eu hier une journée d’approche à l’analyse transactionnelle avec Martine Dubois et nous avons travaillé avec ce conte…! je vais dionner des chaudoudoux…

  4. Je vous remercie pour votre message et je vous envoie quelques chaudoudoux!

  5. Muguette Gachet dit :

    Bonsoir! Nous allons utiliser ce conte cet hiver pour » une semaine pour soi » sur le thème « trousse à merveilles  » avec des femmes de 40 à 85 ans env. Nous nous réjouissons de partager tant de chaudoudoux, tjs actuels!

  6. Je vous souhaite beaucoup de plaisir et de partage. Merci aussi pour votre message.
    Florence

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s